Une vocation née du geste, entre danse et création
Sylvie, née d’une mère modéliste et couturière haute couture et d’un père commercial, grandit entre océan et forêt dans la région bordelaise. Diplômée en économie et marketing, elle se destinait à une carrière de danseuse contemporaine tout en travaillant dans le commerce international.
Mais une grave blessure survenue lors d’une chorégraphie, l’immobilisant plusieurs années, l’obligea à changer de voie. Déterminée à continuer d’exprimer son rapport du corps à l’espace, elle se tourna vers la mode. Après un passage aux Beaux-Arts, elle rejoignit le célèbre Fashion Institute of Technology de New York.
Elle poursuivit ensuite à Paris cinq années d’études de mode. Elle obtint le Diplôme supérieur de modéliste à l’Académie Internationale de Coupe Vauclair-Darroux, dont elle sortit major de sa promotion, le Diplôme supérieur de styliste de l’école Fleury Delaporte, ainsi que le Diplôme de modiste à l’école CMT, où elle eut la chance d’être formée par la première assistante du légendaire Jean Barthet, « Prince des modistes », puis par les talentueux professeurs Maryse Roussel et Alice Mouranchon acquérant un solide savoir-faire en technique haute mode et en technique théâtre.

Elle travailla plusieurs années comme styliste-modéliste dans des maisons de prêt-à-porter de luxe et de haute couture avant de ressentir le besoin de s’exprimer plus librement — de renouer avec le geste, l’espace et la matière — en redonnant vie aux techniques anciennes transmises par sa mère en couture et broderie, tout en pérennisant les savoir-faire ancestraux de la chapellerie.
À New York, elle avait chiné sur les marchés aux puces d’étonnants petits couvre-chefs des années 1950, brodés de fils d’or, portés par les artistes de music-hall au temps des grandes revues de Broadway, chargés d’histoires et de vies folles. Touchée par leur beauté, elle les restaura, déclenchant une véritable passion.
Elle décida alors de créer sa propre collection de chapeaux, évoquant le rythme, l’asymétrie et les mouvements aériens de la danse, des vents et des marées, ainsi que les transparences végétales des forêts de pins maritimes transpercées de lumière, explorant et détournant la matière, en hommage à ses origines.

En 1993, cette première collection — une centaine de chapeaux entièrement réalisés en cannage de chaise moulé en volumes concaves-convexes parfaits et en courbes aériennes, selon une méthode novatrice, véritable prouesse technique qu’elle mit au point et garda secrète, associés à la toile de Jouy et à la dentelle végétale — obtint le Premier Prix de la Chambre des Métiers de Paris et du Comité des Expositions de Paris, qui lui offrirent un stand au Salon du Prêt-à-Porter de Paris. Le succès fut immédiat : acheteurs français et étrangers du monde entier affluèrent, conduisant Sylvie à créer sa marque éponyme et à installer rapidement son propre atelier-showroom dans l’ancienne boutique d’une fabricante de parapluies sur mesure, perchée sur la butte Montmartre.
Nourrie par une réflexion sur la structure et l’espace, elle poursuivit ses recherches et se spécialisa dans la sculpture à main levée dans le vide, qui devint sa marque de fabrique, façonnant des formes aériennes sans moule grâce à des outils anciens, dans un dialogue sensoriel entre ses doigts agiles et la matière.
Son travail et son savoir-faire, à la croisée de l’art, de l’artisanat et de l’innovation, furent récompensés par plusieurs distinctions : Le Premier Prix d’Élégance à la Dubaï World Cup, le Premier Prix du Travail manuel et de l’innovation décerné par le Rotary Club de Paris, ainsi que le Premier Prix de création d’accessoires de mode de la Chambre de Métiers de Paris.
Ses créations audacieuses et son exigence de perfection, lui ouvrirent les portes de grands magasins de luxe français et internationaux, tels Le Bon Marché à Paris, Fortnum &Mason et Harrods à Londres, ainsi que de boutiques de luxe au Japon et en Australie, et d’une clientèle de diplomates.
